Roberto D’Arienzo

SHS et urbanisme
Cycle 2

Présentation

Roberto D’Arienzo est architecte (Université de Naples Federico II), docteur en architecture (Université de Paris 8/Université de Naples Federico II), chercheur au Laboratoire GERPHAU (Groupe d’Etude et de Recherche Philosophie, Architecture, Urbain) / UMR CNRS 7218 LAVUE (Laboratoire Architecture Ville Urbanisme Environnement), enseignant à l’ESA-Ecole Spéciale d’Architecture de Paris. Parmi ses productions scientifiques : Recycler l’urbain. Pour une écologie des milieux habités (D’Arienzo, R., Younès, Ch. eds), Genève, MétisPresses, 2014 ; « Restes comme ressources », Actes du Sommet mondial de la ville durable, 2013 ; « Remains as resources. Recycling of waste products and derelict areas from sanitary city to sustainable city (Naples, 1184-2004) », Conference proceedings, 7th International PhD seminar Urbanism after Urbanism, 2013 ; « Naples 2060 : vers la réactivation d’un territoire volcanique », Architecture des Milieux, ESA, 2013. Roberto D’Arienzo est aussi urbaniste au sein de la société SYSTRA à Paris, où il intervient sur les questions urbaines liées aux mobilités et à l’articulation de celles-ci avec la ville.

Enseignements

Intitulé et discipline : « Recyclages. Métamorphoses et métabolismes de l’écosystème urbain ». Projet urbain et d’architecture
Cycle et niveau : Grade 2, semestres 7 et 8

Objectifs

L’atelier « Recyclages. Métamorphoses et métabolismes de l’écosystème urbain » se propose de fournir aux étudiants une base méthodologique pour la lecture et la compréhension de nos milieux urbains et la formulation d’hypothèses de construction/transformation appropriées. Il veut ainsi constituer une véritable « boîte à outils » capable de les guider dans l’appropriation des principales problématiques du projet contemporain, notamment liées à la métamorphose, à la régénération, au recyclage, de sites et structures délaissées.
Ainsi, le candidat apprendra à se confronter avec un site difficulteux, ambigu, en tension entre rejet et ressource, un site latent et ayant vocation à être analysé par le biais d’un regard renouvelé qui se situe à l’entrelacement entre plusieurs échelles spatiales et temporelles, et capable de suggérer une approche prospective entre projet urbain et projet d‘architecture. Il sera guidé dans le processus complexe mais hautement stimulant d’intégration, au sein des stratégies de projet envisagées, du facteur temps, permettant d’inscrire les propositions effectuées dans le principe de mutabilité caractérisant les milieux naturels mais aussi anthropiques alentour.
Le candidat sera invité à la préparation d’une analyse multicritère complète du site en question, capable d’en souligner dynamiques, potentialités, résistances, et de constituer une étape propédeutique pour toute réflexion et action sur le territoire.

Sujet / Contenu

A l’heure de l’anthropocène, des dérèglements climatiques globaux et d’une urbanisation planétaire sans précédents, les villes existantes apparaissent comme les points de départ obligés pour imaginer et fonder une nouvelle alliance entre l’homme et son milieu. Une double dichotomie est à l’origine de la démarche que nous proposons au sein de notre atelier : celle entre la production de quantités grandissantes de déchets et la prise de conscience de la finitude de ressources premières indispensables ; et celle entre l’artificialisation de larges portions de territoire et la nécessité de préserver les sols naturels et agricoles, ressources non renouvelables, limitées, fondamentales en tant que lieux de production primaire et en raison des services écosystémiques essentiels qu’ils offrent.
Dans l’objectif majeur de la réduction de l’empreinte écologique, la transition des milieux urbains construits d’un régime de croissance vers un régime de développement apparaît le véritable nœud crucial autour duquel toute réflexion devrait se structurer, et le recyclage comme une stratégie désormais incontournable.
Le verbe recycler évoque le commencement d’un nouveau cycle en partant d’un reste, le préfixe re pouvant se décliner en différentes stratégies : la réutilisation, qui le remploie en en soulignant les caractéristiques intrinsèques ; la reconversion, qui le transforme profondément à travers des opérations de soustraction et d’adjonction ; la récupération, qui en sélectionne et en extrait certaines composantes à utiliser ...
L’importation de ce verbe dans le langage de l’architecture et de l’urbanisme amène alors à considérer, du point de vue environnemental, social, économique, les cycles de vie de ce qui existe : objets, matériaux, bâtiments, villes, milieux, deviennent gisements gris, potentiels, à valoriser à travers des opérations opportunes et aujourd’hui inévitables, qui prônent pour l’adaptation comme action prépondérante sur la réalisation ex-novo et sur la tabula rasa. L’inéluctabilité du phénomène de la désaffectation et de la réaffectation d’immeubles, de parcelles, d’infrastructures, l’inévitable engendrement et l’opiniâtre réutilisation des excréta des métabolismes citadins caractérise depuis toujours le fonctionnement de la ville et ses espaces. Permanence et transformation y apparaissent comme deux termes complémentaires qui décrivent, et doivent décrire, tout processus évolutif urbain.
L’atelier « Recyclages. Métamorphoses et métabolismes de l’écosystème urbain » vise à aborder ce thème par le biais d’une stratégie multiple : tout d’abord, à travers la proposition d’un nouveau cycle pour le déjà-là – fragments de milieu naturel à réveiller, valoriser, reconnecter, lambeaux de cadre bâti à réinterpréter, métamorphoser, ré-habiter – ; ensuite, par une prise en compte des échanges métaboliques – eaux, énergies, déchets – existants ou activés par le projet ; enfin, à travers l’intégration de ce dernier au sein de temporalités plurielles, de moyen et long terme, qui caractérisent les environs et auxquelles l’œuvre conçue sera inexorablement soumises. Ses possibilités de mutation seront alors explorées en termes de réversibilité, de réemploi, de déconstruction, d’adaptation…
Pour le semestre septembre-décembre 2015, nous proposons comme aire d’étude un site délaissé à quelques centaines de mètres de Paris, situé entre la Porte de la Chapelle et le Stade de France, le long de la route Royale – ex Estrée – reliant la Capitale à la commune de Saint-Denis. Ancienne zone de maintenance gérée par la SNCF, puis abandonnée pendant les années ’90 du XXe siècle, l’ex Dépôt de La Plaine apparaît aujourd’hui fortement enclavé, notamment par la présence d’un large faisceau de voies de chemins de fer le bordant à l’ouest et au nord, et ce malgré les nombreuses opérations de régénération urbaine proposées, en cours de réalisation, achevées dans le secteur. Les cathédrales du rail, immenses immeubles en béton armé encore existants, témoignent d’une page importante de son histoire, rappellent un cycle productif aujourd’hui terminé.
Le site semble ainsi inspirer une stratégie d’intervention multiple, capable d’entrelacer échelle urbaine et échelle architecturale.

Critères et modalités d’évaluations

Les propositions de projets formulées devront être construites au travers d’une méthodologie structurées en trois étapes majeures :
- Premièrement, la rédaction d’un diagnostic urbain exhaustif comme instrument indispensable permettant de révéler les potentialités cachées et relever les contraintes locales : la cartographie historique, les rapports hiérarchiques entre les infrastructures de mobilité individuelle et collective, les modes d’occupation du sol, les opérations d’aménagement en cours, les éléments saillants du paysage naturel et anthropique, constituent les ingrédients principaux à travers lesquels se construit la lecture et la compréhension du milieu local.
- Deuxièmement, la formulation d’hypothèses de projet fondées sur une synthèse de la cartographie produite et sur la préparation d’une carte d’enjeux, présentant les objectifs principaux du projet à venir.
- Troisièmement, un projet urbano-architectural associant remaillage urbain et reconversion architecturale, désenclavement fonctionnel et métamorphose/réappropriation du construit. Les élèves seront mis en condition, à partir des deux phases précédemment indiquées, de choisir le programme le plus approprié pour le site en question. Ce choix, dûment motivé, sera suivi d’un travail attentif et rigoureux d’organisation spatiale et fonctionnelle, répondant dans l’agencement des espaces et dans leurs relations mutuelles, aux impératifs du programme lui-même.
Les projets préparés par les candidats, individuellement ou en binôme, seront ainsi évalués en fonction du respect d’une série de critères :
- Disposition à rédiger un diagnostic urbain précis, interrogeant le territoire et le site au travers d’analyses multiples et entrelacées
- Habilité à s’approprier le site pour en appréhender les principaux enjeux et en saisir les potentialités latentes de mutabilité
- Capacité de critique dans la formulation d’hypothèses de projet pertinentes et adaptées
- Maîtrise programmatique, fonctionnelle et morphologique du projet proposé

Nombre d’heure par semestre

180 heures par semestre, réparties en 15 semaines.

Annuaire

Rechercher un enseignant par son nom

Rechercher par discipline

Rechercher par cycle

Ils ont enseigné à l'école en