Doris Von Drathen

SHS et urbanisme
Cycle 1

Présentation

Doris von Drathen est historienne de l´art et critique d´art née à Hambourg et basée à Paris depuis 1990.
Après des études de lettres romanes [latines, françaises, italiennes, espagnoles] et de l´histoire de l´art à Paris-Sorbonne, Zaragoza, Florence et Hambourg [tradition Warburg-Panofsky], elle a contribué chaque jour en tant que critique d´art à la radio et à la télévision (NDR, Allemagne du Nord) et chaque semaine à la revue Artforum (NY) [1980-1993].
Depuis les années 1980 elle publie régulièrement des essais monographiques pour Kunstforum International, Künstler Kritisches Lexikon der Gegenwartskunst ainsi que plusieurs livres monographiques et introductions aux catalogues d´exposition. Ces textes sont focalisés sur des sujets de recherches de son choix personnel.
Elle était professeur invitée à l´Ecole des Beaux-Arts et l´Ecole des hautes études à Paris, L´Architectural Association à Londres, la Rijksakademie à Amsterdam, Arco à Lisbonne ; Cornell University in Ithaca 2005-2007, New York, and Columbia University, New York City (conférences annuelles, continuant jusqu´à aujourd´hui) et à l´université Alvaro Aalto, Helsinki. Depuis 2007 elle enseigne régulièrement à l´Ecole Spéciale d´Architecture à Paris.
Doris von Drathen a développé dans ses recherches et publications une approche de l´art contemporain transversale. Elle publie sa méthode dans Vortex of Silence : Proposition for an Art Criticism beyond Aesthetic Categories (Charta, 2004, 327p.) Ce livre contient une introduction théorique suivie de vingt-quatre essais, à titre d´exemple de sa méthode qu´elle nomme iconologie éthique ; parmi les artistes choisis sont Christian Boltanski, Louise Bourgeois, Pat Steir, Mona Hatoum, Anish Kapoor, Gerhard Richter, Jannis Kounellis, Marina Abramovic, Agnes Martin et d´autres. Plusieurs monographies ont suivi, comme Rebecca Horn, Sculptures ; Dessins (Cantz 2004 ;2005) ; Pat Steir, Installations ; Paintings (Charta 2006 ;2007) ; Rui Chafes (Charta,2008) ; Rebecca Horn, Cosmic Maps (Charta 2008) ; Rebecca Horn et Jannis Kounellis (Peleires, 2009) ; Manuela Filiaci (Charta, 2009) ; Nalini Malani (Hatje Cantz, 2010) ; Painting Space : Fabienne Verdier (Charta 2012) ; Gwenn Thomas (Charta 2013) ; Felice Varini (Lars Mueller, 2013) ; Kimsooja (Pompidou, Metz, 2015).
En processus d´édition : Une monographie sur Jannis Kounellis. En même temps Doris von Drathen travaille sur une publication de ses recherches concernant les « symptômes » qui rendent sensible l´espace, titre provisoire : « L´espace de l´Autre ». Ainsi que son livre Vortex of Silence, cet ouvrage compilera ca 25 essais accompagnés par une introduction théorique et transgressera à nouveau la limitation des catégories.

Enseignements

Intitulé : Histoire de l’Art
Cycle et niveaux : Grade 1, semestres 1,2,3 et 4

Sujet / contenu

Comment enseigner l´histoire de l´art aux architectes ? Pour la première fois j´étais confrontée à cette question quand j´étais guest professor en tant que historienne de l´art à l´université de Cornell en 2005. Pour ne pas compromettre ce qui est de l´art, j´avais exclu de chercher des artistes travaillant à cheval entre art et architecture.
Ma proposition était plutôt d´ouvrir le regard au-delà de l´art et au-delà de l´architecture : Cela veut dire, choisir des œuvres d´art qui se prêteraient pour discuter à partir de l´art des sujets concernant « la vie » tout court : comme l´autonomie, la norme singulière et imposée, l´identité, notre position prise dans l´espace, la formulation imagée des principes vitaux, la corrélation entre art et pouvoir, entre art et liberté. Jusqu´à aujourd´hui je continue à élaborer cette ligne-là.
Ainsi chaque cours aura son sujet de réflexion – anthropologique.

L´Art de Regarder
Introduction à une méthode de contempler l´Art
Pour déceler le sens, l´image créée par une œuvre d´Art, il faut découvrir les capacités créatrices du Regard. Ce cours propose une méthodologie :
L´Iconologie est centrée sur le respect de l´autonomie, l´altérité et la vitalité d´une œuvre d´art. A la base d´une observation des formes et de leurs fonctions, elle questionne l´image et son sens.
Donc plutôt que de se contenter de définir un style, l´iconologie cherche de façon transversale (incluant p.ex.la physique, les mathématiques, la philosophie, la littérature, l´histoire, la musique, la politique, la sociologie, la mythologie) à comprendre les détails d´une œuvre d´art pour lui donner sa vitalité intrinsèque. Être iconologue veut dire, renoncer à coloniser un objet d´art par des catégories et labels connus et plutôt découvrir la richesse vitale de l´œuvre-même.
C´est aussi une attitude de vie : L´iconologue ne cherche pas à soumettre, mais à découvrir l´Autre. La contemplation de l´art devient un exercice pour se défaire de ses projections et pour comprendre la dimension du visage non-saisissable et non-colonisable de l´Autre. Le cours propose à introduire cette méthode dans ses étapes d´une analyse visuelle fine, d´une analyse conceptuelle et d´un commentaire. L´iconologie découvrira donc des images, ou des images de pensée (Denkbilder) là où normalement on « n´y voit rien ».
Nos maîtres seront principalement Aby Warburg et Erwin Panofsky ; mais aussi Max Raphael et son approche empirique à l´art.
Ce cours se prête à une réflexion sur sa propre identité.
Les artistes étudiés seront :
Pour apprendre et désapprendre les catégories communes de l´histoire de l´art récente (minimalisme, trash-art ; néo-surréalisme etc) : Brancusi, Malevitch et Tony Smith ; Beuys, Agnes Martin et Louise Bourgeois. Pour connaître quelques artistes actuels et leur lutte pour une autonomie : Kimsooja ; Giuseppe Penone ; Rebecca Horn ; Marina Abramovic´ ; Fabienne Verdier ; Mona Hatoum ; Zarina Hashmi ; Ibrahim El Salahi.
En dialogue avec les ateliers d´architecture ce cours peut faire prévaloir un aspect spécifique : Ce semestre l´accent est mis sur la complexité du sujet de la Projection.

S2 : Renaissances du début du 14ième au début du 18ième siècle :
Vers la Modernité I
Le cours placera la nouvelle autonomie de l´artiste au centre des études. L´indépendance des artisans et des impôts garantie par les cours est la base pour une audace artistique qui va de pair avec les transgressions d´horizons des explorateurs, scientifiques et philosophes- eux aussi soutenus par les cours. Ainsi Giotto est vu dans le contexte de Marco Polo ; Botticelli compris dans le contexte politique des Medici. Les grands centres de la Renaissance en peinture et sculpture, Florence, Venise et Rome sont montrés en comparaison avec les Flandres et plus tard avec Nuremberg et Amsterdam. L´Europe du 17ième et du début du 18ième siècle est montrée sous le signe d´une expansion des cours de Madrid et Paris, qui soutiennent les artistes comme Velásquez aussi bien que Bernin et Poussin et financent les penseurs de l´Age des Lumières, donc préparent le terrain de pensées de la révolution française.

S3 : De l´industrialisation Anglaise au Cubisme : de 1750 à 1920 :
Vers la Modernité II
Le cours tourne autour d´une question pivot : quelle relation y a-t-il entre l´art et les évènements politiques ? Comment un artiste peut-il peindre des boudoirs ou des fleurs au moment que la Révolution ou la Première Guerre Mondiale éclatent ? Est-ce une révolution en peinture si Fragonard peint « l´instant » ; est-ce que David risque sa vie à son tour en peignant en peignant une dédicace au révolutionnaire Marat ?
D´un « artiste tournant » à un autre ce cours montrera presque deux siècles de révolutions : révolutions politiques, sociales, philosophiques et artistiques. Dans le cadre du possible la création artistique sera présentée ici dans son contexte ´actuel´. Et dans le cadre du possible on créera un lien entre l´art actuel et historique.

S4 : De l´art après-guerre à l´art actuel
Ce cours invite à découvrir ce silence substantiel du temps d´après la guerre, ce temps qui était désigné par le terme d´un « monde en nécessité », nécessité de se reconstruire, de retrouver ses paroles.
C´est dans ce silence que se manifeste l´« Abstract Expressionisme » d´un Barnett Newman ou d´un Rothko, beaucoup moins comme un style abstrait, mais comme l´unique forme dramatique qui puisse exprimer le désarroi émotionnel d´une génération qui a survécu aux désastres.
Sur cette base on pourra étudier les expérimentations de matériaux d´une Eva Hesse, on peut étudier la recherche d´une libération des « pères » par les artistes de l´ « Arte povera », et de la génération des années 1970 avec leurs performances et happenings.
A partir de cet éventail on comprendra plus facilement le malaise de la génération suivante à trouver leurs chemins et champs de création à eux.
Ce cours propose donc de continuer à construire des connaissances en histoire de l´art moderne et de créer un lien avec l´art contemporain.
En même temps, en vue d´un dialogue avec un des ateliers d´architecture, ce cours propose d´accentuer ses études de l´art actuel par le sujet de la « mesure humaine », qui dans l´art s´oppose à toute norme reçue mais veut se voir en tant que norme singulière, individuelle.
A partir d´ici sera discuté p. ex. la question si et dans quelle mesure dans notre société une « norme singulière » serait pensable, et si cette idée pourrait s´appliquer en architecture. Les idées issues de cette discussion seront proposées à mettre à l´épreuve dans l´atelier d´Issa N´Thépé.
Les sujets choisis pour créer un échange entre atelier et cours changeront. En mars 2016 est envisagé le sujet : « la dynamique de la limite ».

Nombre d’heures par semaine : 8 + heures en dialogue et intervention avec quelques ateliers d´architecture

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