Historique

150 ANS D’HISTOIRE

Fondée en 1865 sous le nom d’École Centrale d’Architecture, c’est la plus ancienne école d’architecture en France. Elle a été reconnue d’utilité publique en 1870.

1864 - L’ÉCOLE CENTRALE D’ARCHITECTURE : UNE ENTREPRISE D’IDÉE

L’École Spéciale d’Architecture est née de la volonté d’Eugène Viollet-le-Duc de réformer l’enseignement de l’École impériale des Beaux-Arts. Nommé par Napoléon III à cette fin, il voulait y introduire des enseignements spécifiques à la profession d’architecte (construction aussi bien moderne que médiévale, droit, hygiène, etc.). Viollet-le-Duc dû renoncer à sa mission devant l’opposition de l’institut et les élèves.
C’est pourquoi, avec d’autres, comme Ferdinand de Lesseps, il soutient Émile Trélat, ingénieur centralien, dans son projet de créer une "école libre" d’architecture pour réagir contre le monopole qu’exerçait l’Académie sur l’enseignement de l’architecture aux Beaux-Arts.

Émile Trélat a voulu ainsi que la naissance de "l’École Centrale d’Architecture" soit un manifeste :
"C’était devenu un axiome d’atelier, qu’un architecte ne devait rien apprendre, que tout était dans son crayon, que le reste était illusoire, qu’il n’était pas utile de s’élever par la lecture, que sonder le passé dans tous les temps, que savoir les lois physiques qui régissent les corps, la mécanique qui en assure l’équilibre, les conditions chimiques qui préparent leur durée étaient des connaissances qui faussaient l’esprit de l’artiste ou gênaient le travail de son imagination".

L’année suivante Victor Duruy, Ministre de l’instruction publique, donne son autorisation et, le 10 novembre, l’école ouvre ses portes au 59, rue d’Enfer avec 54 élèves sous la direction d’Émile Trélat. En 1868, suite à la sortie de l’école des neuf premiers diplômés, la Société des Architectes Diplômés de l’École Centrale d’Architecture, la SADECA (actuellement SADESA) est constituée.

1870 - LA RECONNAISSANCE D’UTILITÉ PUBLIQUE

Reconnue d’utilité publique par Décret Impérial le 11 juin 1870, et devenant dès lors l’École Spéciale d’Architecture, l’école acquiert la pleine capacité juridique et conforte par là son statut d’établissement privé d’enseignement supérieur.

1904 - L’INSTALLATION BOULEVARD RASPAIL

L’école est installée depuis 1872 au 136, boulevard du Montparnasse, mais un changement de propriétaire conduit Émile Trélat à rechercher un nouveau siège.
"Nous nous sommes rappelés que le décret qui faisait de l’école, établissement d’utilité publique, la rattachait directement à la ville de Paris".

En faisant valoir que l’école est "une fondation parisienne due à un puissant élan d’initiative privé", Émile Trélat convainc le conseil municipal de mettre à la disposition de l’école un terrain situé entre la clôture du cimetière Montparnasse et l’alignement de la voie publique et obtient du Conseil d’État les autorisations nécessaires à l’obtention d’un emprunt public.

"L’État profitait depuis trente cinq ans, à l’avantage de la section d’architecture de l’Académie des Beaux-Arts, des expériences de l’École Spéciale d’Architecture. En reconnaissance de cette intervention de l’initiative privée et en considération de l’oeuvre d’utilité publique accomplie par l’École Spéciale d’Architecture, l’État lui fournit la subvention annuelle qui permet de garantir l’emprunt du capital nécessaire à la construction nouvelle".

Succédant à son père à la direction de l’école en 1907, Gaston Trélat reste fidèle aux principes de la fondation et introduit des nouveaux cours : construction métallique, béton armé, hygiène tropicale.

1924 - LE MOUVEMENT MODERNE

L’ESA adopte le statut juridique d’association "loi de 1901" et l’année suivante Robert Mallet-Stevens, classé premier à sa sortie de l’école en 1906, y enseigne.

À partir de 1926, des bulletins internes ou liés à l’école publient travaux d’élèves, conférences et rencontres : "Le Maître d’œuvre" (1926), "Bâtir" et "Construire d’abord" (1932). Les rédacteurs de ces bulletins, notamment Pierre Vago et André Hermant, participeront ou seront à l’origine de trois des principales revues françaises d’architecture et d’urbanisme : Architecture d’Aujourd’hui, Urbanisme, Techniques et Architecture.

En 1929, Henri Prost, diplômé de l’école en 1892, et aussi élève de l’École des Beaux-Arts, où il obtient en 1902 le premier Grand Prix de Rome, devient directeur et adapte l’enseignement et l’administration selon deux axes : création de nouveaux cours (organisation des chantiers et des affaires, urbanisme, aménagement des jardins) ; garantie des conditions d’existence de l’école en assurant le caractère officiel du diplôme (le titre délivré à l’issue des études est reconnu par l’État en 1934).

1968 - LE MOUVEMENT ÉTUDIANT

La participation à la gestion de l’école, la cogestion, marque un changement radical : ouverture didactique, renouvellement du personnel enseignant, transformation du régime des études et explosion de la démographie étudiante.

Cette période expérimentale, particulièrement riche et complexe, est marquée par des créations :

  • 1972 : Poste de professeurs "invités".
  • 1973 : Unité de Recherche Appliquée (UDRA).
  • 1974 : Antenne pédagogique de Chailles.
  • 1977 : Édition du Bulletin d’Information Pédagogique (BIP).
  • 1982 : Antenne pédagogique de Bourges.
  • 1982 : Laboratoire informatique.
  • 1985 : ESA Productions et DESS Gesica.
  • 1988 : Campus universitaire de l’UCAD.
  • 1989 : Post-diplôme informatique.
  • 1993 : Semestrialisation des études et intersemestres de stages.

L’école se rapproche des milieux universitaires, développe des échanges internationaux ainsi que des enseignenements de troisième cycle.
Elle a souvent été dirigée par des personnalités reconnues du monde de l’architecture telles que Christian de Portzamparc et Paul Virilio.

Agenda

2016-11-29 00:00:00

Hors les murs - Exposition