Présentation
Je suis une mutante et me regarder muter fait partie de qui je suis. J’ai été juste espagnole, puis une subversion inconsciente m’a transformée en saltimbanque. Suspendue de deux lieux langagiers, entre abstraction et réalité j’habite une frontière dilatée. Jeune, j’ai obtenu deux diplômes d’ingénieur, puis à trente et un ans, la veille du 11 septembre, j’ai fait mon "coming out". Ce que je suis, ce que j’étais en latence, est architecte : je suis mariarchi.
Enseignement
Séminaire "Corps et technologie"
La technologie est un trait d’humanité. Elle déplace constamment le rapport que nous avons avec le monde et avec nous mêmes. Les mutations qu’elle induit réveillent la tension intérieure qui nous habite, fruit de nos désirs plus ou moins conscients, une fois installés, ces changements mobilisent en nous le sentiment de perte du" monde qui ne sera plus" et la peur de la perte de contrôle.
Cette question pourrait être salutaire en nous interrogeant sur les notions d’équilibre. Or, trop souvent (notamment dans notre discipline) elle dérive dans une dichotomie superficielle, moraliste et sentimentale (don peu féconde), du “pour” et du “contre”. Le but du cours est surpasser ce stade de referendum de salon pour nous intéresser aux “pourquois” et “comments” du fait technologique. Soyons féconds.
Nous allons voir que à l’origine de toute direction technologique nous trouvons notre “outil tangible d’existence” : le corps. Donnée de base de notre humanité, nous n’avons pas cessé de vouloir étendre sa portée, on serait tenté de dire sa portée physique, mais en réalité nous allons voir comment la portée intellectuelle, et en conséquence politique, en est indissociable.
D’un certain point de vue, dire “Corps et technologie” est un pléonasme.

