Frédérique Peyrouzère

SHS et urbanisme
Cycle 2

Enseignements

Intitulé et discipline : Métamorphoses des milieux habités à l’ère de l’anthropocène
avec Chris YOUNES et Stéphane BONZANI -SHS
Cycle et niveau : Grade 2, semestres 7 et 8

Objectifs

Le séminaire s’inscrit dans une démarche pédagogique innovante, spécifique à l’ESA, qui préfigure ce que l’association avec des ateliers de projet mettra en place au semestre prochain. Refusant la dichotomie entre théorie d’une part et pratique de l’autre, il s’agit de fournir aux étudiants des concepts, outils et références leur permettant de s’inscrire, en architectes, dans la transition écologique. Dans cette préfiguration, les choix tant au niveau des modalités pédagogiques qu’au niveau des intervenants sont motivés par l’articulation forte entre théorie et pratique, entre expérience de pensée conceptuelle et expérimentation projectuelle, et s’inscrit dans le développement des recherches que l’équipe a menées jusqu’alors.

Outils pédagogiques
- lecture et compte-rendus d’ouvrages
- débats et discussions
- visites expograhiques hors les murs
- conférences et colloques

Initiation à la Recherche
Par ailleurs, le séminaire vise à permettre aux étudiants qui le souhaitent de s’orienter vers la recherche en architecture en développant théorie et pratique du projet. Du point de vue de la méthodologie et de l’écrit notamment : construire une problématique de recherche, développer un texte argumenté, constituer des compte-rendus de lecture et d’exposition, constituer une bibliographie ciblée.

Sujet / contenu

Utilisé depuis les années 2000 par un certain nombre de scientifiques, l’anthropocène désigne l’hypothèse de ce nouvel âge géologique marqué par l’impact des activités humaines sur l’ensemble du système terrestre. En l’espace de deux générations, depuis les années 50, l’anthropos — l’Homme— est devenu la force géophysique prédominante qui a le plus modifié la planète, entrainant par sa seule action, la transformation de la biosphère, du vivant, de la biodiversité, mais aussi de l’atmosphère et de l’hydrosphère, responsable des changements climatiques, de l’extinction et migration globale d’espèces, des modifications à grande échelle de la végétation naturelle, de la déforestation, de l’érosion, etc.
L’idée même d’anthropocène montre qu’il n’est plus possible aujourd’hui de penser le monde en lui appliquant la vision dualiste entre nature et culture, entre histoire humaine d’un côté et histoire de la vie de la Terre de l’autre qui a imprégné toute notre cosmologie et cosmographie moderne. En remettant en cause la séparation épistémologique entre science de la nature et de la culture, l’hypothèse anthropocène montre, a contrario, que les humains ne sont ni extérieurs, ni supérieurs à la nature, mais qu’ils sont de façon conjointe les agents d’une même histoire imbriquée, et qu’il devient crucial à ce titre de trouver de nouvelles alliances, de nouveaux modes de coexistence et de nouvelles visions à imaginer pour la prolonger.
C’est de ce changement de paradigme dont témoignent aujourd’hui publications, réalisations et aspirations. L’écologie, la réduction de la consommation, le souci du viable, du vivable, de l’équitable représentent des conceptions et des façons de faire par lesquelles la cité semble se remettre en cause, interpeler son histoire et son mode de développement, interroger sa propre existence et sa capacité de métamorphose. L’ouverture d’alterpratiques créatrices s’avère donc décisive visant à recycler, faire mieux avec moins, ménager, alors même que cette attitude semblait caractériser les sociétés vernaculaires préindustrielles ou les sociétés de pauvreté. Dans ce processus, l’enjeu est de faire advenir d’autres formes esthétiques et éthiques de cohabitation et de coexistence. Elles sont à mettre en perspective avec la prégnance d’une dynamique écoexistentielle qui attire l’attention sur les données culturelles ainsi que sur les conditions de vie dans une perspective durable. Car régénérer les milieux habités, c’est insister sur ce qui est entre les choses et les êtres comme sur ce qui devient, c’est prendre soin et recréer à la fois. Cette écosophie théorique et pratique engage des corythmes d’un autre type entre humain et non humain, diversités naturelles et culturelles, urbain et agriculture ; en fait, elle nous engage à une autre manière politique et poétique de vivre ensemble. Ce qui constitue l’art de s’envisager au monde et de le configurer.

Critères et modalités d’évaluation

Rédaction d’un article (S7)
Rédaction d’un mémoire de Master avec soutenance orale (S8).

Nombre d’heures par semestre : 72h

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