Jana Revedin

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Présentation

Jana Revedin architecte PhD, chercheur, professeur d´architecture
Née en 1965 à Constance, Allemagne, Jana Revedin a fait ses études d´architecture et d’urbanisme à Buenos Aires, Princeton et Milan. Elle est architecte diplômée de l´Université Polytechnique de Milan et docteur en architecture habilitée à diriger des recherches de l’Université IUAV de Venise. Lauréate du Prix d´Excellence Pédagogique des Ecoles Européennes d´Urbanisme en 2013, du Prix International UN Habitat en 2014 et de la medaille pour la direction de la „meilleure these de doctorat“ de l´Academie d´Architecture en 2016, elle est déléguée UNESCO à la Commission d’éducation et de recherche de l’Union Internationale des Architectes - où elle plaide pour que l’enseignement opère un changement de paradigme dans sa définition du métier d’architecte. Elle a enseigné à l´Université IUAV de Venise ainsi qu’aux Universités d’Umea et de Karlskrona, en Suède. Depuis 2016, elle enseigne dans le Master « La Fabrique collective : Projets expérimentaux en œuvre ouverte » à l´Ecole Spéciale d´Architecture Paris.
Elle a dirigé de 2005 à 2012 le Concours étudiant européen d´architecture durable gaudi. En 2006 elle a créé le Global Award for Sustainable Architecture, avec la Cité de l’Architecture comme partenaire culturel, puis en 2009 la Fondation LOCUS, qui fédère les lauréats du Global Award dans des travaux de recherche et des projets expérimentaux de renouvellement urbain. Sa méthode de « conception radicante » re-introduit le projet-processus mené par et avec les habitants, en « œuvre ouverte », basé sur les méthodes du premier âge réformiste du mouvement moderne.
Jana Revedin qui a fondé ses agences a Venise (Italie) et Villach (Autriche) en 1996 est membre des Ordres d´architectes d´ Italie, Autriche et Allemagne.
Elle est Chevalier des Arts et Lettres (2014).

Bibliographie

Jana Revedin, “The Concept of Open Space in the Reformatory Architecture of the German Avant-Garde”, National Library/Milan Polytechnic, Rome/Milan 1991
Jana Revedin, “Monument and Modernity : Hallenbauten as the Elements of Construction of the Democratic Town”, PhD Thesis, National Library/IUAV, Rome/Venice 2000
Marie-Hélène Contal, Jana Revedin, “Sustainable Design I : Towards a New Ethics for Architecture and Town Planning”, with a foreword by Thomas Herzog, Birkhäuser, Berlin/Basle/Boston 2009
Marie-Hélène Contal, Jana Revedin, “Sustainable Design II : Towards a New Ethics for Architecture and the City”, Actes Sud, Arles 2011
Jana Revedin, “Architecture in the Making : The gau:di Student Competition on Sustainable Architecture” Gallimard Editions Alternatives, Paris 2012
Marie-Hélène Contal, Jana Revedin, “Sustainable Design III : Towards a New Ethics for Jana Revedin (edit.), “The Living Urban Laboratory Karlskrona 2012/2013 : Participatory Design for circular growth and social inclusion”, BTH, Karlskrona 2013
Architecture and the City”, with a foreword by Christopher Alexander, Gallimard Editions Alternatives, Paris 2014
Jana Revedin, “The Radicant City : Why Sustainable Living Space grows Like Ivy”, in : “Re-enchanter le Monde : L´architecture et la ville face aux grandes transitions”, Gallimard Collection Manifesto, Paris 2014
Jana Revedin (edit.), “The Living Urban Laboratory Karlskrona 2014/2015 : Participatory Design for circular growth and social inclusion”, BTH, Karlskrona 2015
Jana Revedin, “Rebel Cities : Radicant Design through Civic Engagement”, in : “La Ville Rebelle : démocratiser le Projet Urbain”, directed by Jana Revedin with a foreword by Yona Friedman and an epilogue by Christopher Alexander, Gallimard Collection Manifesto, Paris 2015
Marie-Hélène Contal, Jana Revedin, “Sustainable Design IV : Towards a New Ethics for Architecture and the City”, Gallimard Editions Alternatives, Paris 2016

Cours

Intitulé : LA FABRIQUE COLLECTIVE : Projets expérimentaux en œuvre ouverte
Laboratoire collectif avec Fabienne Bulle, Chris Younès Serge Joly, Jean-Yves Rivaux et Minh Man Nguyen
Discipline : Atelier d’architecture

Cycle : Grade 2

Niveau : Semestres 7, 8, 9 et 10

Objectifs / Sujet / contenu

En s´inscrivant à la FABRIQUE COLLECTIVE, l´étudiant découvre et expérimente, dans la continuité des semestres 7, 8, 9, 10, trois orientations du « penser et faire l´architecture ». Elles sont réunies en collectif pour opérer la critique du modèle fonctionnaliste moderniste et explorer un changement de paradigme, au prisme de la responsabilité civique et écologique, dans la pratique de l´architecte et le processus du projet :

-  La conception radicante (Jana Revedin) : projet-processus participatif de co-programmation, co-création et co-réalisation “en oeuvre ouverte”
-  Les cultures constructives (Fabienne Bulle, Serge Joly, Jean Yves Riaux et Minh Man N’Guyen) : savoir-faire, structures et matérialités
-  Ethique et esthétique des milieux habités (Chris Younès) : Entre nature et culture, habiter et coexister, lieux et milieux ruraux et urbains

La démarche de la FABRIQUE COLLECTIVE réunit séminaires et ateliers d’architecture dans une démarche indissociable et holistique. Il s’agit d’engager de manière simultanée et corrélée l’acquisition de connaissances, la réflexion théorique et l’expérimentation pratique à grande échelle.
La FABRIQUE COLLECTIVE explore une pédagogie du penser et du faire par l’articulation du développement des idées avec la manipulation des matières.
Dans une filiation avec les mouvements réformistes des années 1920 et 1970, elle se veut moteur d´une architecture écologiquement et civiquement engagée.

La FABRIQUE COLLECTIVE engage trois orientations complémentaires et concomitantes pour la conception et la fabrication de projets expérimentaux dans les villages de Montigny et La Borne (Val de Loire) :

La Conception Radicante
Elle emprunte à la botanique le terme « radicant », qui définit les plantes pluri-racinaires ou rhyzomatiques, pour qualifier une proposition théorique qui appelle à une nouvelle relation d´enracinement entre la conception architecturale, d’une part, et d’autre part l’état des besoins et des ressources d’un milieu habité – territoire, ville, quartier.
Cette théorie radicante a été expérimentée en student-workshop, dans les villes précaires du Sud comme dans les pays à la pointe du développement durable. Cette conception opère la critique du modèle fonctionnaliste moderniste, vertical et radical. Elle explore un changement de paradigme dans la responsabilité démocratique de l´architecte.
Radicant Vs Radical : Cette pensée réintroduit le projet-processus, conçu « par et avec les habitants », selon des méthodes dont les origines seront rappelées. Ces méthodes de participation, de co-programmation, co-création et co-réalisation « en oeuvre ouverte », on l’oublie, furent élaborées dès les années 20 par les avant-gardes allemandes, afin de faire face aux enjeux de qualification urbaine des grandes aires industrielles, tout en en respectant et en développant les atouts de l’habitat existant (sociaux, économiques, écologiques, déjà, et culturels).
Le processus radicant selon Jana Revedin n’est pas fondé sur une analyse seulement urbaine ou architecturale mais sur une étude pluridisciplinaire des lieux (cultures constructives, structures sociales et anthropologiques, écologie des milieux…) et des ressources, tant physiques (eau, énergie, climat, matériaux) qu’humaines (savoir-faire, tissus économiques, intelligences collectives).
La gestion du temps, enfin, est selon elle un élément-clé. Qu’il s’agisse de cerner les besoins ou d’élaborer des projets qui leur répondent précisément, les méthodes de participation, de co-création et de co-réalisation relèvent d’une démarche processuelle, qui s’éloigne du temps court, productiviste, désormais habituel en architecture pour se rapprocher d’un temps plus long : temps de la décision démocratique, temps sédimentaire des villes, temps géographique.
Cet autre usage du temps nourrit une pratique architecturale qui ne considère plus, et c’est la voie théorique que le processus radicant ouvre, le projet comme un « produit » mais comme une probation lente, qui s’effectue dans la durée.

« Les lieux habités ont la capacité de procurer quelque chose à tous, seulement
parce-que et seulement quand ils sont crées par tous. »
Jane Jacobs

Cultures constructives
Ce sont les enjeux contextuels ; ceux du devenir des territoires, de la compréhension des questions posées localement, des réalités sociales et des disponibilités en ressources in situ (dont il faut ressaisir l’origine et le sens) qui nous engagent à transformer radicalement le processus de fabrication du projet vers un enseignement de l’architecture qui réarticule l’acte de concevoir à l’acte de bâtir au milieu et à ses ressources (matérielles et humaines).
Aussi, nous militons pour une pédagogie du faire. Faire avec les ressources disponibles d’un territoire en transformant cette matière en substance de conception et en appréciant la question de la mise en œuvre comme un enjeu simultané et constitutif du projet (physique et sensible). C’est par cette confrontation expérimentale des étudiants avec la réalité du site que de nouvelles démarches innovantes apparaitront, qu’un lien puissant avec ce territoire s’établira et qu’une perspective soutenable se dessinera.
La fabrication du projet à l’échelle du détail, puis à l’échelle du prototype jusqu’à sa construction sur site sera énoncée conjointement à l’élaboration de la stratégie du projet en s’appuyant sur les réflexions menées par les étudiants du semestre précédent. Nous partirons de ce qui est déjà là. Des articulations, transformations et propositions se feront dans une logique d’accomplissement des projets. La fabrication comme préalable de l’expérimentation, la confrontation de la pensée à la vérification de la construction par les gestes justement réfléchis et pratiqués deviennent soudainement le passage à l’acte nécessaire à toute réinvention contextuelle. La confrontation continue et rétroactive entre la théorie et la pratique (la manipulation des matériaux) favorisera les conditions pour engager une nouvelle manière de penser et faire l’architecture.
La définition et la mise en œuvre de lieux d’expérimentation pour des étudiants, des habitants, des chercheurs, des artistes, des architectes, seront les enjeux essentiels de la transformation de la matière territoire, de la matière-ville, de la matière-sol, de la matière-vide, de la matière-biologie. Il faut reconquérir cette liberté d’expérimenter pour impulser de nouvelles dynamiques. Aussi, il est utile de reconnaitre cette matière en transformation pour que ces lieux deviennent capables de réinvention en s’accordant avec leurs identités et en composant avec leurs complexités. Dans cette perspective, la compréhension des processus et la prise en compte des temporalités deviennent stratégiques car elles ouvrent vers des possibles dans ce désir de transformation perpétuelle de la pensée et du faire.

« Personnellement je continue à chercher dans les choses rudimentaires qui font L´architecture : les matériaux, la construction, les éléments porteurs et portés, le ciel et la terre, je continue à chercher la confiance en des espaces qui peuvent être de vrais espaces. »
Peter Zumthor

Éthique et esthétique des milieux habités
Nous sommes passés d’un monde d’héritage et de valeurs bien identifiés à un monde éclaté, flou et instable dans lequel les repères sont en question. Aussi, l’interrogation actuelle sur les capacités régénératrices des milieux est particulièrement significative des chantiers cruciaux de reconfiguration des territoires et des changements qui s’effectuent par rapport aux façons d’envisager l’alliance de l’homme à la nature en ses différentes formes. Le terme de résilience appartient tout à la fois aux domaines de l’écologie environnementale et de l’écologie humaine puisqu’il définit la capacité d’un milieu ou d’une personne à se métamorphoser afin de dépasser les traumatismes ou les chocs. Les dévastations des écosystèmes et la prise de conscience de la finitude de la planète Terre, de sa vulnérabilité comme de celle des hommes, conduisent à s’interroger sur les rapports soutenables à établir entre société, nature (du latin natura, qui signifie « ce qui donne naissance », « le fait de naître », « ce qui présage de la chose »), et technè (dont la racine européenne « tik » signifie « engendrer »).
Dès que l’attention est portée sur habiter, à savoir sur la façon anthropologique d’être au milieu, c’est en termes de naissances et de reliances mettant en synergie la partie et le tout, le micro et le macro, le général et le particulier, que les choses se présentent. L’importance des liens entre les choses a été soulignée par de nombreux auteurs, amment par Edgar Morin qui a fait du concept de reliance la cellule souche de la pensée complexe. La reliance, c’est « le travail des liens », « l’acte de relier et de se relier et son résultat ». La limite qui distingue, l’espacement ou écart qui met à distance tout en ménageant une certaine proximité, les mises en rélations entre les choses et les êtres, sont des opérateurs architecturaux de reliance. Ils œuvrent à l’entrelacement des échelles, par lequel l’espace et le temps, le grand et le petit, participent d’un corythme.
De multiples questions politiques, éthiques et philosophiques sont donc soulevées : quels sont les héritages en jeu ? Que faut-il conserver et jusqu’où ? Comment concilier usage, évolution et conservation ? Et aussi, qu’est ce qui est à ménager ? De quoi est-on en charge ? Ces questionnements sont à mettre en perspective avec la prégnance d’une posture écosophique, qui reprend radicalement les enjeux du patrimoine et en souligne le caractère politique par une réinterprétation des entrelacements des trajectoires du temps de l’humanité.
Ce sont à de nouvelles manières de penser et de faire que nous sommes désormais requis. Régénérer les milieux habités, c’est recycler, dépolluer, hériter, économiser, diversifier, prendre soin, inventer mais aussi créer et recréer. Car les corythmes entre humain et non humain, entre urbain et agriculture, entre diversités, bref entre natures et cultures, constituent la matière du coexister, de l’habitable et de l’art, qui est une façon de s’envisager au monde et de le configurer.
Mémoire-projet
Les questions abordées visent à consolider l’élaboration d’un mémoire-projet, à en accompagner les approfondissements théorico-pratiques et critiques.

Méthodologie de l´apprentissage

Semestre 7 : La méthode Fabrique articule séminaires, cours, workshops, conférences, débats, jurys et critiques collectives (académiques comme publics) autour de son projet en fabrication. Dans sa méthodologie d’interventions, la FABRIQUE COLLECTIVE articule un travail collectif au sein du labo avec un travail in situ, mené avec tous les acteurs locaux. La pédagogie devient un apprentissage mesurable et transmissible, construit sur l´interaction de la théorie, de la pratique et de l’expérimentation de la matière dans le projet d’architecture.

Dans le semestre 8 de la FABRIQUE COLLECTIVE, l´étudiant part vivre une expérience projectuelle et constructive, dans nos propres chantiers experimentaux en cours en Val de Loire ou bien à l´international dans une des agences des 50 lauréats du Global Award for Sustainable Architecture™, fondé et animé par Jana Revedin.

Dans les semestres 9 et 10, l´étudiant revient dans le laboratoire :
- témoigner de cette expérience dans notre laboratoire
- participer aux processus des conceptions collectives des étudiants d´autres semestres.
Il élabore, en exploitant les connaissances et les outils professionels et civiques aquis par le travail sur le terrain, son mémoire de thèse et son projet de diplôme.

Critères et modalités d’évaluation

- Capacité d´analyser, projeter et réaliser des contenus de conception architecturale et urbaine en dialogue ouvert et en esprit d´équipe.
- Capacité à comprendre et saisir les enjeux d’un contexte local dans une recherche pluri-disciplinaire et collective.
- Capacité à développer une stratégie de projet à travers les théories, méthodes et outils formulés.
- Capacité à développer une position critique et autonome, expérimentale et inventive face aux milieux, aux habitants et aux contextes légaux et politiques.
- Capacité à faire le lien entre la stratégie du projet et l’acte de fabrication, en utilisant les besoins et les potentiels des acteurs et parties prenants locaux.
- Capacité à généraliser une expérience singulier vers des possibles réactions catalyseurs et des économies circulaires (locaux/globaux).
- Capacité à s’engager dans des problématiques contemporains pour un changement de rôle et de paradigme dans notre profession.

Témoignages

L´engagement civique est la clef pour démocratiser le projet architectural et urbain
Les habitants d´un lieu doivent être « empowered » pour devenir des co-créateurs et co-concepteurs. Seule la recherche collective, le fait de partager les risques et les essais d´un processus de projet « d´ensemble » permettent aux habitants de comprendre, de porter et de catalyser leurs innovations.
Le rôle de l´architecte est à réinventer : l’architecte est accompagnateur et modérateur de ce processus qui redéfinit les besoins et les programmes. Il est en même temps responsable des savoirs-faire : projectuels, techniques, esthétiques… Les interventions qui résultent de tels processus ont de bien meilleures chances de répondre à de vrais besoins sociaux, d’être culturellement et écologiquement adéquats, économiquement raisonnés et donc par définition : durables.

Jana Revedin

Des milieux qui font monde : le tournant immersif
L’avènement de l’écologie avec la reconnaissance des interactions des organismes vivants et de leurs milieux de vie va à l’encontre d’une culture toxique basée sur la séparation et l’exploitation sans limite. Ainsi que le souligne Gilles Clément, l’urgence requiert de « s’immerger, s’accepter comme être de nature, réviser sa position dans l’univers, ne plus se placer au-dessus ou au centre mais dedans et avec ». C’est à travers les milieux que nous faisons monde. Et c’est parce qu’il y a « mille milieux » qui ne forment pas une mosaïque de parties séparées mais s’enchevêtrent et s’inter-engendrent que nous pouvons avoir un monde ; ceci n’étant pas donné de droit ni de fait. Dans ce tournant, la fabrique des milieux habités se trouve à la croisée du bios, de l’élémental et du culturel ; entre réel, imaginaire et symbolique.
Une autre écologie de l’action
D’autres articulations globales et locales, urbaines et rurales, d’autres organisations sociopolitiques territorialisées s’imposent, faites de dynamiques d’entrelacements. En architecture, il s’agit désormais de savoir s’ajuster aux contextes, de s’attacher aux situations locales avec leurs spécificités plutôt que de procéder à un tabula rasa ou d’en rester à des recettes préétablies. La conjonction du ménagement des lieux singuliers, des milieux de vie et des projets politiques se révèle déterminante dans les reconfigurations qui lient local et global, équité solidaire et diversité, projet et concertation. L’enjeu n’est donc pas de définir le style d’un objet à bâtir sur la base d’une programmation figée, mais de répondre aux évolutions contemporaines à partir de problématiques et de lignes de forces entrelaçant ménagement, concertation, territoire et architecture. Désormais l’injonction de frugalité et de collaborativité gagne du terrain, aussi bien en tant que nécessité que valeur.
Nous verrons comment dans cette dynamique le mineur s’avère majeur et comment la rencontre est empowerment.

Chris Younès


Terre d’innovations

Le paysage comme un mot souligné : ces lieux qui s’ouvrent à notre regard : le paysage local.
Les limites comme frontières poreuses, inégales, proches, lointaines, familières, l’enjeu de tous les possibles : l’expérience de formes ouvertes, à la fois ici et ailleurs.
Le sol comme ancrage de rêves superposés, cale, glissement, adossement, creusement, élévation : la décision.
Les parois comme porosité, dilatation, prolongement, libération spatiale, création identitaire des lieux du territoire : l’architecture façonne l’espace, devient révélatrice d’identité et d’ouverture.
Le corps comme mouvement, émotions, confrontations, transformations : la mesure.
La lumière, l’ombre comme émergence de doutes et d’intimité : l’existence.
La matière comme origine, usages, inspiration, énergie, évolution : le plaisir du geste.
L’outil comme conciliateur de la maîtrise et de la créativité, l’empreinte de la main, du corps, et de l’outil inscrit dans l’assemblage à l’échelle du territoire et de l’architecture : la rencontre de l’œuvre humaine partagée.
Une terre, du végétal, le bois comme matières vivantes, tendresse, caresse, odeur : La structure d’environnements bâtis comme supports d’usages : l’expérimentation.

Fabienne Bulle

L’instinct du matériau

Reconsidérer la question de la matérialité dans le champ de l’architecture, c’est réhabiliter l’idée que nous sommes reliés au monde à travers nos sens et réactiver notre attachement affectif à la nature en lui accordant une valeur qui ne soit pas seulement objectivante.
Dans la confrontation du corps avec la matière, l’instinct du matériau apparaît. De ces expérimentations construites, nous apprendrons à mieux comprendre et à mieux respecter nos ressources, à penser sobre, à faire mieux avec moins, d’être à l’écoute de la matière plutôt que de lui imposer une idée ou une forme préconçue. Faire avec la réalité du territoire In Situ, c’est transformer cette matière disponible en source de conception. Le choix de la mise en œuvre n’est alors plus une décision prise à posteriori d’une définition conceptuelle mais une réalité simultanée et constitutive du projet. Cette situation ouvre la perspective d’une architecture qui est une expression manifeste et singulière des ressources du milieu au sein duquel elle se concrétise.
C’est par cette confrontation expérimentale que collectivement nous pourrons redéfinir nos pratiques de manière radicalement différente, que de nouvelles démarches innovantes et vertueuses apparaîtront.

Serge Joly

L’architecte « ouvert » : partager, expérimenter, fabriquer, construire.
La démocratisation des outils numériques a permis aux architectes et aux designers de changer leur mode de conception et de pouvoir produire plus facilement leur projet ou tout du moins le prototyper.
Des mouvements tels que les makers et les hackers ont récemment émergé grâce aux avancées technologiques. Ils explorent des modèles d’entrepreneuriat et économiques basés sur le partage, le faire et le détournement. Pour y parvenir, ils mêlent plusieurs médias et sont capables de réinterpréter, coder, connecter, recycler.
Des tiers-lieux « ressources » comme les espaces de coworking, les fablabs ou les recycleries sont apparus en France afin d’accueillir ces communautés autour des problématiques sociétales actuelles et leurs améliorations. Ils offrent un cadre pour expérimenter et comprendre les processus de fabrication, permettant ainsi l’intervention sur les différents chaînons et d’optimiser les circuits de production.
Ainsi les questions qui se posent aux architectes sont :
- Comment s’inscrivent-ils dans ces mouvements ?
- Quelles sont les utilisations possibles de ces outils ou ressources ?
- Quelles sont les formes architecturales issues de ces pratiques ?
Réfléchir aux moyens accessibles et leur utilisation pour aider à résoudre les questions sociétales actuelles, c’est redéfinir sa pratique ainsi que sa position.

Minh Man Nguyen

Bois et Construction
Une œuvre est la conjugaison de réflexions préalables, d’agissements, de maîtrise, et de connaissance de la matière.
Une œuvre est aussi le fruit d’une équipe, c’est ce qui m’intéresse dans cette démarche. Mes origines, mes connaissances, ma formation de Maître Charpentier ne peut qu’aider àétayer l’œuvre.
L’expression des structures est importante et parfois l’ordre structurel des éléments constructifs raconte d’autres discours que celui de la construction. La structure ne doit pas être définie par sa seule fonction porteuse mais doit « parler » avec la matière qui l’anime et la compose.
Bien connaître le matériau avec ses particularismes est nécessaire, c’est pourquoi une relation étroite et anticipée entre l’architecte, l’ingénieur et le praticien est indispensable.
Cette formation externalisée grâce au contexte différent du quotidien habituel de l’école doit nous permettre des échanges et des approches pouvant répondre aux questions du « temps » et sans doute là, nous trouverons des réponses que le bois est prêt à nous offrir.

Jean-Yves RIAUX

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