Chris Younès

SHS et urbanisme
Cycle 2
Cycle 3

Présentation

Médaille d’argent de la formation Académie d’architecture 2005
Chevalier de la Légion d’honneur 2014
Psychosociologue, docteure et HDR en philosophie, professeure à l’Ecole Spéciale d’Architecture
Membre du conseil d’administration de l’ESA et de l’ENSA Saint-Etienne
Présidente du conseil d’orientation de l’Ecole des Territoires (Grenoble),
Cofondatrice et membre d’ARENA (Architectural Research Network) et de la revue L’esprit des villes
Membre du conseil scientifique d’Europan.
Fondatrice du laboratoire Gerphau (UMR Lavue) et du Réseau scientifique thématique PhilAU (Philosophie, architecture, urbain) du MCC, ainsi que de sa revue Le Philotope.
Ses publications et recherches développent une interface architecture et philosophie sur la question des lieux de l’habiter, au point de rencontre entre éthique et esthétique, ainsi qu’entre nature et artefact.

Parmi ses ouvrages :
- Le philosophe chez l’architecte (M. Mangematin codir.), Descartes & Cie, 1996 ;
- Ville contre-nature, éd. La Découverte, 1999 ;
- Henri Maldiney. Philosophie, art et existence, éd. du Cerf, 2007 ;
-Le territoire des philosophes. Lieu et espace dans la pensée au XXe siècle, (Th. Paquot codir), éd. La Découverte, 2009 ;
- L’indéfinition, avec Benoît Goetz et Philippe Madec, éditions de la Villette, 2009 ;
- Philosophie de l’environnement et milieux urbains, (Th. Paquot codir.), éd. La Découverte, 2010 ; « Architecture des milieux », avec B. Goetz, Le Portique n°25, 2010 ;
- Lieux d’être, avec Michel Mangematin, Archibooks, 2011 ;
- Espace et lieu dans la pensée occidentale. De Platon à Nietzsche, (Th. Paquot codir.), éd. La Découverte, 2012 ;
- Perception Architecture Urbain, (X. Bonnaud corid.), Infolio 2014 ;
- Recycler l’urbain, (R. D’Arienzo codir.), MétisPresses, 2014 ;
- Maurice Sauzet, poétique de l’architecture, Norma éd., 2015 ;
- A l’épreuve d’exister, Henri Maldiney, actes du colloque de Cerisy 2014, (O. Frérot codir.), éd. Hermann, 2016.
- Ressources urbaines latentes, (R. D’Arienzo codir.), MétisPresses, à paraître 2016

Enseignement 1

Intitulé et discipline : Métamorphoses des milieux habités à l’ère de l’anthropocène
avec Frédérique PEYROUZERE et Stéphane BONZANI - Architecture, urbanisme, SHS
Cycle et niveau : Grade 2, semestres 7 et 8

Objectifs

Le séminaire s’inscrit dans une démarche pédagogique innovante, spécifique à l’ESA, qui préfigure ce que l’association avec des ateliers de projet mettra en place au semestre prochain. Refusant la dichotomie entre théorie d’une part et pratique de l’autre, il s’agit de fournir aux étudiants des concepts, outils et références leur permettant de s’inscrire, en architectes, dans la transition écologique. Dans cette préfiguration, les choix tant au niveau des modalités pédagogiques qu’au niveau des intervenants sont motivés par l’articulation forte entre théorie et pratique, entre expérience de pensée conceptuelle et expérimentation projectuelle, et s’inscrit dans le développement des recherches que l’équipe a menées jusqu’alors.

Outils pédagogiques
- lecture et compte-rendus d’ouvrages
- débats et discussions
- visites expograhiques hors les murs
- conférences et colloques

Initiation à la Recherche
Par ailleurs, le séminaire vise à permettre aux étudiants qui le souhaitent de s’orienter vers la recherche en architecture en développant théorie et pratique du projet. Du point de vue de la méthodologie et de l’écrit notamment : construire une problématique de recherche, développer un texte argumenté, constituer des compte-rendus de lecture et d’exposition, constituer une bibliographie ciblée.

Sujet / contenu

Utilisé depuis les années 2000 par un certain nombre de scientifiques, l’anthropocène désigne l’hypothèse de ce nouvel âge géologique marqué par l’impact des activités humaines sur l’ensemble du système terrestre. En l’espace de deux générations, depuis les années 50, l’anthropos — l’Homme— est devenu la force géophysique prédominante qui a le plus modifié la planète, entrainant par sa seule action, la transformation de la biosphère, du vivant, de la biodiversité, mais aussi de l’atmosphère et de l’hydrosphère, responsable des changements climatiques, de l’extinction et migration globale d’espèces, des modifications à grande échelle de la végétation naturelle, de la déforestation, de l’érosion, etc.
L’idée même d’anthropocène montre qu’il n’est plus possible aujourd’hui de penser le monde en lui appliquant la vision dualiste entre nature et culture, entre histoire humaine d’un côté et histoire de la vie de la Terre de l’autre qui a imprégné toute notre cosmologie et cosmographie moderne. En remettant en cause la séparation épistémologique entre science de la nature et de la culture, l’hypothèse anthropocène montre, a contrario, que les humains ne sont ni extérieurs, ni supérieurs à la nature, mais qu’ils sont de façon conjointe les agents d’une même histoire imbriquée, et qu’il devient crucial à ce titre de trouver de nouvelles alliances, de nouveaux modes de coexistence et de nouvelles visions à imaginer pour la prolonger.
C’est de ce changement de paradigme dont témoignent aujourd’hui publications, réalisations et aspirations. L’écologie, la réduction de la consommation, le souci du viable, du vivable, de l’équitable représentent des conceptions et des façons de faire par lesquelles la cité semble se remettre en cause, interpeler son histoire et son mode de développement, interroger sa propre existence et sa capacité de métamorphose. L’ouverture d’alterpratiques créatrices s’avère donc décisive visant à recycler, faire mieux avec moins, ménager, alors même que cette attitude semblait caractériser les sociétés vernaculaires préindustrielles ou les sociétés de pauvreté. Dans ce processus, l’enjeu est de faire advenir d’autres formes esthétiques et éthiques de cohabitation et de coexistence. Elles sont à mettre en perspective avec la prégnance d’une dynamique écoexistentielle qui attire l’attention sur les données culturelles ainsi que sur les conditions de vie dans une perspective durable. Car régénérer les milieux habités, c’est insister sur ce qui est entre les choses et les êtres comme sur ce qui devient, c’est prendre soin et recréer à la fois. Cette écosophie théorique et pratique engage des corythmes d’un autre type entre humain et non humain, diversités naturelles et culturelles, urbain et agriculture ; en fait, elle nous engage à une autre manière politique et poétique de vivre ensemble. Ce qui constitue l’art de s’envisager au monde et de le configurer.

Critères et modalités d’évaluation

Rédaction d’un article (S7)
Rédaction d’un mémoire de Master avec soutenance orale (S8).

Nombre d’heures par semaine  : 6h
Nombre d’heures par semestre : 72h

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Enseignement 2

Intitulé et discipline : DES Architecture Des Milieux (ADM) avec BONZANI Stephane - Urbanisme, architecture, SHS
Cycle : Post-diplôme

Sujet / Problématique

Régénérer les milieux habités.
Les milieux habités traversent aujourd’hui une crise profonde caractérisée par une dégradation et des formes de déliance s’exprimant aussi bien dans la relation problématique des établissements humains à la nature que dans les dissociations culturelles et sociétales. Cet état critique, qui entrave le devenir des territoires, résulte d’une urbanisation moderne largement fondée sur des principes de division et de ségrégation, ainsi que d’un mode de fabrication de l’urbain contemporain développé selon des logiques déterritorialisées.
Face aux multiples et souvent dramatiques effets de ces dissociations, des initiatives émergentes portées par des concepteurs et acteurs de l’aménagement de l’espace cherchent à construire des scénarios alternatifs de coexistence. Considérant les résistances et les ressources spécifiques en jeu, elles se nourrissent des dynamiques locales et translocales impliquées dans la tension entre la singularité des situations et les systèmes globaux. Des stratégies territoriales aux formes architecturales en passant par le projet urbain, ces nouvelles démarches visent à régénérer les milieux à toutes les échelles. Le défi consiste à réactiver et inventer d’autres alliances physiques, symboliques, et techniques entre nature et culture.
Une attention particulière est portée dans ce DES aux questionnements philosophiques et éthiques en jeu dans les pratiques de métamorphoses du monde que sont l’art, l’architecture et l’urbain. La formation propose aux étudiants architecte-urbanistes d’explorer des voies inédites dans le contexte du développement durable et d’acquérir de nouvelles compétences spécifiques permettant d’affronter les enjeux écologiques.

Objectifs

Le DES a pour mission de développer une formation spécifique et interdisciplinaire, de stimuler la recherche et de contribuer au débat sur les stratégies architecturales et urbaines contemporaines, en France comme à l’étranger.
L’acquisition des compétences « Architecture des Milieux » passe par une « méthodologie associée » entrelaçant le travail théorique, la recherche et la création. Cette méthodologie est centrée sur l’élaboration d’une hypothèse qui s’appuie notamment sur la mise en synergie de l’analyse des données objectivables (géographiques, climatiques, économiques, démographiques, anthropologiques...) et des imaginaires liés aux milieux étudiés. Des modes diversifiés de représentations (cartes, figures, récits) sont combinés afin d’optimiser les différentes phases de la conception (décryptage, transformation, communication.)
Associer recherche et projet : stratégie territoriale et formes architecturales. La capacité d’invention du projet sur hypothèse est articulée à la capacité d’analyse du milieu considéré.
Acquérir une méthodologie de travail (articulation des échelles spatiales et temporelles, lecture anthropologique des lieux, cartographie des ressources locales, etc.) et une culture interdisciplinaire (apport des sciences humaines et des sciences de la nature) permettant d’affronter la complexité des milieux étudiés.
Choisir et décrypter un territoire métropolitain : chaque étudiant est amené à déterminer avec l’équipe enseignante un territoire de recherche et de projet où se croisent les questions génériques de la ville durable avec des spécificités locales.
Projeter une architecture des milieux à partir d’un faisceau de problématiques environnementales, économiques, sociales, culturelles.

Critères et modalités d’évaluation

Rédaction un mémoire de recherche argumenté et documenté.

Nombre de jours par semestre : 12

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