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Gilles Brusset

Culture Urbaine et Paysagère
Cycle Licence


PRÉSENTATION


Architecte paysagiste plasticien, diplômé des écoles d’architecture de Paris - Belleville et de paysage de Versailles, Gilles Brusset conduit des maîtrises d’œuvre paysagères avec son agence Paysarchitectures et réalise des projets artistiques dans l’espace public sous son nom.

Gilles Brusset entrelace avec ingéniosité art et paysage, opère des glissements et passe ainsi d’un champ à l’autre, mettant à contribution différentes disciplines de la construction et de l’aména­gement. De cette hybridation émergent des sculptures-paysages, œuvres contextuelles révélant l’ineffable et offrant un écrin singulier à de multiples usages. Il promeut ainsi l’infiltration de l’art dans le paysage et sa "sécularisation" par son intégration et sa pratique dans l’espace public.

En 2021, il est lauréat du 1er prix de l’European Garden Award, catégorie "jardins contemporains", décerné par le Réseau Européen du Patrimoine des Jardins (EGHN), et en 2020, il obtient le 1er prix Landezine International Landscape Award, dans la catégorie "playground". Ses réalisations font l’objet de nombreuses publications dans les revues de paysage internationales. Il a enseigné le projet de paysage à l’Ecole Nationale Supérieure du Paysage de Versailles entre 2012 et 2015.

Gilles Brusset vit et travaille à Paris. Son atelier est partagé avec des architectes, des paysagistes et des ingénieurs.

Voir en ligne : Paysarchitectures

ENSEIGNEMENT(S)

Paysage
Formation Initiale, Cycle Licence

Architecture et Paysage

L’architecture construit au-delà d’elle-même.
Toute construction implique une transformation puissante des milieux.
Quand le paysage installe les milieux des architectures, les architectures et les projets urbains modifient le paysage : les sols, les écoulements d’eau, les vues, les perspectives, les horizons et les pentes, les présences végétales.

La mise en jeu du paysage par l’architecture est plus ou moins consciente chez les étudiants. En la découvrant, en la nommant et en la décrivant, ils aiguisent leur perception et peuvent s’en emparer comme un outil de projet.

Le travail sur le sol est le socle commun aux 2 arts de l’architecture et du paysage. Le dessin du nivellement est abordé comme un moyen de donner forme à la maîtrise de l’eau, à celle des écoulements gravitaires, des effets optiques et des perspectives, des effets de paysage, à la préparation des implantations végétales, de construire des édifices en relation fines et fortes avec leur site.

On les aborde par les jeux de champ et de contrechamp, de travelling et de cadrages, par les mesures des jeux de pentes et d’expositions, par la mise en rapport des masses bâties avec les présences végétales, par des analogies formelles et conceptuelles entre structures édifiées et figures arborescentes du vivant.

Porosités et Disciplines

La question de savoir où commence l’architecture et où fini le paysage n’a heureusement pas de réponse. La limite entre architecture et paysage n’est pas souvent située au droit du mur des façades. Un muret, une marche, un seuil, un arbre ou une sculpture ou un motif décoratif peuvent dilater, épaissir ou effacer cette frontière. Dans mes réalisations et mon enseignement, l’exploration de cette limite est une aventure quotidienne. Je propose d’explorer cette question par des allers retours, des changements de point de vue. Passer sans cesse d’un champ à l’autre renouvelle les points de vue sur les projets et fertilise les savoirs et la capacité des disciplines à s’influencer l’une l’autre est infinie. Etymologiquement "mère de tous les arts", l’architecture a vocation à trouver des ramifications imaginaires et concrètes dans le domaine du paysage, depuis son origine jusqu’à son enseignement contemporain.

Création et Esthétique

S’ils apportent des qualités d’usages, souvent non déterminés à l’avance, les projets de paysage sont toutefois in-utilitaires, ils n’ont pas ou peu de "programme".
On leur demande d’être des créations esthétiques et symboliques ou écologiques.
Pour le créateur, c’est une responsabilité moins mesurable, dont les contours sont moins nets. Le travail de recherche plastique engage l’architecte en tant que créateur. La conduite du projet est un apprentissage aventureux et réciproque. Chaque étudiant porte et assume des partis pris formels et esthétiques individuels. Aussi tranchés et puissants fussent-ils, ils sont toujours mis en relation étroite au site, notamment par le biais du paysage.

Questions

- Comment articuler l’espace intime ou domestique avec l’horizon du grand paysage ?
- Comment la maitrise d’une topographie permet d’architecturer le paysage ?
- Comment le dessin d’un accès, d’un parc ou d’un jardin est en relation ou non avec un édifice ?
- Comment un caractère particulier d’un site peut fonder la singularité d’un projet ?
- Comment s’approprier les grandes dimensions d’un paysage : cartographie, dessin, photographie, arpentage ?
- Comment la plantation d’arbres et le terrassement peuvent être la matrice d’un projet urbain ?
- Comment intégrer le temps dans la conduite du projet, c’est-à-dire comment l’architecture résiste au temps quand le paysage se développe avec le temps ?

Modes opératoires

Les recherches et les inventions formelles sont souvent ludiques : croquis, esquisses, maquettes minute, collages et photomontages, sont autant de manipulations, de jeux de recherche sur les possibilités infinies du travail de création du paysage. Le travail à la main est favorisé. La spontanéité du geste allège la responsabilité du trait. On peut accueillir l’indétermination et l’accident avec agilité. De nouvelles règles s’invitent dans le jeu. Plus ou moins tâtonnante, l’intuition peut conduire le projet. La variété et la facilité d’usage, voire l’improvisation des outils de création, permet à chaque étudiant des mises à distances et des décentrements de regard sur sa propre production. Les notions d’anamorphose et d’effets cinétiques permettent au corps de s’approprier les grandes dimensions du paysage. La position du sujet dans le paysage, aussi ouvert et grand soit-il, se mesure et se manipule en atelier avec ces outils simples.

Le projet est testé selon les différents angles de vue de la création du paysage : échelle, espace ouvert, socle géologique, présence du vivant, temps. Le relief et la topographie selon leur dimension sculpturale. Les artistes du Land-art (Smithson, Heizer, Matta Clark, Oppenheim,...) sont invités en tant qu’architectes du sol, sculpteurs de paysage qui utilisent les outils de l’architecture pour la création d’œuvres d’art qui transforment les paysages et captent le potentiel actif des sites.

Par mon enseignement du paysage, je souhaite que les étudiants en architecture cultivent la conscience et les savoirs de l’au-delà de l’architecture, d’un contexte ancré dans les profondeurs du sol et élargi jusqu’aux horizons de l’espace ouvert.