Se réapproprier Yongsan, Tristan Huguen


Se réapproprier Yongsan
Séoul, Corée du Sud

Tristan Huguen

Jury :
Ursula Biuso - Directeur(trice) de Diplôme
Bertrand Renaud - Président(e) de Soutenance
Bérénice Gaussuin - Enseignant(e) Extérieur(e)
Dominique Michel - Expert(e)
Adèle Rebours - Jeune Architecte DESA
Antonio Lazo - Candide

Protégée par la montagne Namsan, La base militaire de Yongsan, située à Séoul, en Corée du Sud, est positionnée à un emplacement stratégique de la ville, entre son centre historique et le fleuve Han. Elle fut initialement construite en 1910 pendant l’occupation japonaise de la péninsule puis désertée au moment de la capitulation du Japon qui marquera la fin de la Seconde Guerre Mondiale. En 1953, à la fin de la Guerre de Corée, et dans un climat tendu de début de Guerre Froide, la base fut réhabilitée par les GI américains afin de protéger le pays d’une potentielle attaque nord-coréenne. En 2019, et après des années de négociations, un accord de déménagement a finalement été signé entre la Corée du Sud et les Etats-Unis. C’est donc après 110 années de présence étrangère dans la capitale que ce vaste terrain autarcique de 243 hectares va être rendu à sa population.

Le projet de réhabilitation de la base de Yongsan, en reflétant le dynamisme et les accalmies de la ville, vient se situer entre tradition et modernité. Il s’agit notamment de concevoir une nouvelle manière d’habiter ce lieu singulier tout en empruntant à la société sud-coréenne des éléments pérennes qui ont fait leurs preuves. Abritant une programmation variée et adaptée, cette intervention hybride se veut être un ensemble de réponses aux enjeux globaux de l’habitat urbain du XXIe siècle et aux problématiques locales liées à ce site hors du commun. Mille-feuille temporel et dédale spatial, cette toile tissée incarne une vision nouvelle de la capitale.

Le vaste parc que constitue cette cité-jardin vient lier la montagne Namsan au fleuve Han en descendant progressivement jusqu’au niveau de l’eau. C’est ce nivellement du terrain qui vient façonner le dessin du parc dont les essences, réparties selon 3 catégories, permettent de générer une variation d’ambiances végétales. Les typologies de bâti, à travers l’association de différents mimétismes, sont conçues par réinterprétation d’éléments traditionnels et modernes de l’architecture locale. La variété des espaces publics, très appréciée des habitants de la capitale, est ici renouvelée : création de grandes voies dégagées, de venelles, de passerelles et de recoins intimes.