Introduction

Le passage du Canal de l’Ourcq à Bondy

Atelier d’Architecture Cycle 1 / Semestre 3

Enseignant(s) d’atelier :
Fabienne Bulle
Sébastien Chabbert

Assistant(e) d’atelier :
Ismael Beheri
Sacha Bignon

Cultures constructives

L’atelier s’articulera ce semestre autour de la découverte progressive du site dit de la ZAC des Salins à Bondy (93). Ce périmètre large est complexe par ses dimensions, sociales, territoriales, urbaines, environnementales et pourra être compris par des étudiants qui abordent une telle échelle pour la première fois par une approche sensible et renseignée. Celle-ci mêle progressivement intuition et approfondissement et superpose analyse et projet dans un processus compréhensible et modulable sur la durée du semestre. Ainsi l’analyse sera poussée tard dans le semestre tout en rencontrant très tôt des intentions architecturales précises et structurées. C’est par ce croisement qu’intentions et compréhension pourront se nourrir et être approfondies.

Ce sont les enjeux contextuels ; ceux du devenir des territoires, de la compréhension des questions posées localement, des réalités sociales et des disponibilités en ressources in situ (dont il faut ressaisir l’origine et le sens) qui nous engagent à transformer radicalement le processus de fabrication du projet vers un enseignement de l’architecture qui ré-articule l’acte de concevoir à l’acte de bâtir au milieu et à ses ressources (matérielles et humaines). Ce qui nous anime est de penser que l’architecture n’est pas une question de forme à créer à priori mais l’élaboration d’un processus intégrant les réalités contextuelles, historiques, géographiques, urbaines, constructives, culturelles, sociales et économiques.

Faire avec les ressources disponibles, disposer d’un territoire, d’un lieu, d’une histoire présente en transformant cette matière en substance de conception et en appréciant la question de la mise en œuvre comme un enjeu simultané et constitutif du projet (physique et sensible). C’est par cette confrontation expérimentale des étudiants avec la réalité du site que de nouvelles démarches innovantes apparaîtront, qu’un lien puissant avec ce territoire s’établira et qu’une perspective soutenable se dessinera.

La fabrication du projet sera énoncée conjointement à l’élaboration de la stratégie du projet. Nous partirons de ce qui est déjà là. Des articulations, transformations et propositions se feront dans une logique d’accomplissement des projets nécessaire à toute réinvention contextuelle. La confrontation continue et rétroactive entre le site proche et lointain, entre les bâtiments existants et leur compréhension, entre cette analyse à la fois renseignée et sensible favorisera les conditions pour engager une nouvelle manière de penser et faire l’architecture.

Re-connaître la matière territoire, la matière-ville, la matière bâtie, la matière-sol, la matière vide, la matière-biologie… Aussi, il est utile de reconnaître cette matière en transformation d’espaces, de matériaux, de programmes, en reconversion, en recyclage, en récupération des déchets,… pour que ces lieux deviennent capables de réinvention en s’accordant avec leurs identités et en composant avec leurs complexités.

« Régénérer les milieux habités, c’est recycler, dépolluer, hériter, économiser, diversifier. »
Chris Younès

Dans cette perspective, la compréhension des processus et la prise en compte des temporalités deviennent stratégiques car elles ouvrent vers des possibles dans ce désir de transformation perpétuelle de la pensée et du faire dans une écologie du bon sens.

« Personnellement je continue à chercher dans les choses rudimentaires qui font l’architecture : les matériaux, la construction, les éléments porteurs et portés, le ciel et la terre, je continue à chercher la confiance en des espaces qui peuvent être de vrais espaces. »
Peter Zumthor