En quête d’un ensemble émouvant, Julien Bailly


En quête d’un ensemble émouvant
Travailler l’interface entre l’architecture et l’urbain hérités de la modernité
Sevran, Ile-de-France, France

Julien Bailly

Directeur(trice) : Boris Bastianelli
Référent(e) : Marco Stathopoulos

Travailler l’interface entre l’architecture et l’urbain
Dans un contexte post-covid, il me semble, aujourd’hui, indispensable de retrouver des espaces de sociabilité en ville par le biais d’une métamorphose de la symbiose entre l’architecture et l’urbanisme. Pour faire face à la perte de repères urbains due notamment à la métropolisation accélérée de ces dernières années, la nécessité d’espaces à même d’être éprouvés, contemplés, habités, doit désormais prendre une place importante dans la conception des projets urbains et architecturaux. En prenant place dans cette réalité, il est essentiel de repenser ces espaces afin d’apporter un "ensemble urbano-architectural" vecteur d’émotions.

Vers une urbanité moderne renouvelée
L’approche purement scientifique, rationnelle et normée de la plupart des espaces urbains modernes marque généralement, selon moi, une dissonance avec des programmes architecturaux cherchant de plus en plus à porter de l’intérêt à l’usager, à l’Homme. Au-delà de mon attachement pour les réalisations modernes, il me semble intéressant d’intervenir sur ces opérations d’aménagement urbain d’après-guerre ayant durablement transformé le paysage français. De plus, si, aujourd’hui, nous portons un regard sévère sur le moderne, il me semble que cela est plus dû à son urbanité vieillissante plutôt qu’à son architecture. Repenser et innover la symbiose entre ces 2 pans d’un projet en y accordant le même soin et les mêmes principes concernant ce qu’ils peuvent offrir aux usagers, permettrait d’engendrer de nouveaux ensembles cohérents et vecteurs d’une sensibilité pouvant être éprouvés par ces dits usagers. Prendre en considération, au sein des projets urbains et architecturaux, la question du sensible, des émotions, des sensations, associées aux espaces, apporterait une véritable attention à l’échelle de l’Homme et engendrerait ainsi une refonte de l’espace public et des espaces de sociabilité.

L’espace émouvant : une méthode d’action
La question du sensible n’étant pas étrangère au domaine de l’architecture, il est judicieux, selon moi, de se pencher sur ce qui a été fait vis-à-vis de la considération des sensations / des émotions. Les modernes et néo-modernes par extension ont, à mon sens, travaillé leurs espaces afin d’en faire de véritables catalyseurs d’émotions, via une recherche profonde des ambiances, de la poétique de l’espace, mais aussi de la qualité de celui-ci. À partir de ces références et de ce travail, il est pertinent, selon moi, de formuler l’hypothèse comme quoi lisser le seuil qui peut exister entre l’architecture et l’urbain, pourrait provoquer un enchevêtrement disposant de toutes les qualités indispensables pour la production d’un ensemble émouvant. L’approche du sensible serait donc, dès lors et selon moi, une méthode d’action concernant la réhabilitation des espaces urbains.