La Corse, entre patrimoine rural et développement, Jean-Gabriel Acquaviva et Mathis Ajello


La Corse, entre patrimoine rural et développement
Barbaggio, Corse, France

Jean-Gabriel Acquaviva et Mathis Ajello

Directeur(trice) : Sébastien Chabbert
Référent(e) : Onur Sagkan

Confluence

Notre Diplôme de fin d’étude nous amène à nous poser différentes questions sur notre avenir ainsi que sur les notions que nous voulons aborder dans notre carrière d’architecte. Notre attachement dû à nos origines du milieu rural nous incite a en apprendre davantage sur le mode de vie traditionnel et de comprendre comment l’architecture d’aujourd’hui peut participer à la conservation mais aussi au développement de ce patrimoine qui révèle à ce jour certaines faiblesses.

Le milieu rural entretient une relation étroite avec le monde agricole. Ainsi pour mieux saisir les enjeux économiques, historiques et sociaux, il est nécessaire pour nous de comprendre l’organisation et la complémentarité de ces 2 milieux. A l’échelle du territoire, 2 agricultures majeures se distinguent : l’industrielle et la traditionnelle. En effet l’agriculture industrielle représente en France environ 18 000 entreprises, 80 milliards d’euros annuels et 850 000 exploitants agricoles, alors que l’agriculture traditionnelle connaît un déclin important avec une diminution de 50% des petites exploitations agricoles soit une perte de 140 000 exploitations. Toutefois ce type d’agriculture est primordial car il est la trace d’un savoir faire et d’un patrimoine français qui fait de lui aujourd’hui le premier pays agricole à l’échelle européenne. Les exploitations agricoles de tailles moyennes jouent le rôle d’intermédiaire et subissent ainsi une diminution plus faible.

Ces 2 modes agricoles entretiennent un bon fonctionnement sur l’hexagone en raison de sa superficie et de sa topographie. Toutefois un premier déséquilibre est perceptible d’un point de vu démographique illustré par l’exode rural. Cette première crise s’explique tout d’abord par des conditions de vie de plus en plus compliquées et par le manque d’équipements éducatifs entraînant un faible développement social et une faible attractivité économique, avec un revenu annuel moyen de 17 900 euros. De plus l’agriculture industrielle répond en parti à cette crise avec des moyens plus conséquent, un revenu plus stable et ainsi un niveau de vie plus confortable.

A l’échelle de l’hexagone, cette transition du milieu agricole s’exerce relativement bien grâce aux agricultures de tailles moyennes qui combinent certains modes agricoles traditionnels avec des équipements de type industriel, permettant l’articulation entre ces 2 pôles, mais ce modèle n’est pas applicable de manière universelle. En effet, le constat sur le territoire insulaire Corse est plus amère. Compte tenu du relief accidenté et d’une faible superficie de plaine avec comme unique région disponible la côte est, l’agriculture intensive trouve difficilement sa place dans les différents domaines agricoles. Pour permettre à la Corse de conserver une certaine interdépendance mais aussi une conservation de son patrimoine culturel, il est nécessaire de redynamiser l’agriculture traditionnelle qui occupe une place extrêmement importante dans le développement de la Corse.

L’agriculture traditionnelle Corse est synonyme de traditions et de savoir faire, de patrimoine et de respect des terres pouvant être résumé par le mode de pensé vernaculaire. Après différentes analyses et échanges avec des agriculteurs locaux, la détresse du métier aujourd’hui ne se ressent pas forcément chez les agriculteurs actifs mais touche les nouvelles générations qui manquent d’attirance pour la pratique agricole. Cette crise occupe une place importante dans les préoccupations du nouvel air politique souhaitant réconcilier la jeunesse Corse et l’agriculture et ainsi trouver une nouvelle ligne directrice pour le milieu agricole.

Cela nous amène a soulever la question suivante : Quelle forme pourrait prendre un projet architectural pouvant participer à ce nouveau développement et intégrer le mode de pensée ainsi que le mode architectural vernaculaire pour s’intégrer au mieux dans cette reconquête du milieu rural ?

Le nord de la Corse est la partie la plus impactée mais aussi la région la plus investie dans cette reconquête. Il nous semble intéressant de s’inscrire dans la continuité éducative de la Haute-Corse comportant le lycée agricole de Borgo, la chambre d’agriculture de Bastia ou encore la Route des Sens. Dans le schéma éducatif existant nous nous sommes rendu compte d’un manque d’aspect pratique au sein du cursus pour l’instant axé sur la théorie. Le projet consiste à créer un pôle éducatif pratique agricole afin d’immerger l’étudiant au cœur de cette filière et ainsi permettre la transmission de valeurs entre différentes générations et intervenants extérieurs, comme une confluence de différents facteurs. La Ferme de demain.