Le Trou, de Jacques Becker

Mercredi 10 octobre 2012 - 19h00
à l’École Spéciale
Projection


Ciné-Club de l’ESA
Dans le cadre du cycle d’Automne 2012 :
"Surveiller et punir : regard sur l’enfermement carcéral au cinéma"
Projection du film Le Trou, Jacques Becker, 1960

Claude Gaspard, en prévention à la Prison de la Santé, pour tentative de meurtre sur sa femme, change de cellule et se retrouve avec 4 détenus qui forment déjà une équipe solide. Ceux-ci l’accueillent de façons diverses, mais finalement l’adoptent. Tous les 4 savent qu’ils risquent une forte peine, et au fur et à mesure que Gaspard leur expose son cas, ils le jugent aussi assez grave ; il a, en effet, vécu aux crochets de sa femme plus riche et plus âgée que lui, l’a trompée avec sa petite belle-sœur de 17 ans et, au cours d’une discussion, l’a blessée en essayant, dit-il, de la désarmer ; selon les codétenus, il n’y coupe pas de 10 à 15 ans. C’est pourquoi le quatuor n’hésite pas à le mettre dans le coup de leur projet d’évasion. Ils défoncent le sol de leur cellule en faisant croire à des travaux. Arrivés aux sous-sols de la prison, Roland, un remarquable serrurier et le cerveau de l’équipe, mène une exploration méthodique qui lui fait repérer dans un égout la cloison qu’il faudra percer. Et dès lors, les cinq détenus, chaque nuit, iront travailler au "trou" en dépit des alertes et d’un éboulement qui manque d’ensevelir un des perceurs. Mais après plusieurs semaines, une des équipes de travail débouche dans la rue de la Santé, à une plaque d’égout. L’évasion sera pour la nuit suivante.

La mise en scène de Jean Becker est très précise afin de filmer le travail de l’homme face à la matière et le temps qu’il faut pour la vaincre ou la dominer. Il s’agit pour lui de filmer le temps à l’œuvre, de montrer sur l’écran son écoulement nécessaire et inéluctable. Pour Becker, la participation à la préparation de l’évasion compte plus que l’évasion elle-même. C’est d’abord un combat collectif, le signe d’appartenance au groupe que représente la cellule. Il reste cependant, dans cet ultime film de Becker, un constat terrible et beaucoup plus sombre sur la nature humaine. La menace que fait peser l’individualisme sur toute communauté humaine est lourde de conséquences : pas de confiance entre les êtres, pas d’échappatoire.

Page Facebook du Ciné-Club de l’ESA

Infos pratiques :
Amphi Cinéma, École Spéciale d’Architecture
Entrée libre dans la limite des places disponibles

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