De l’art de construire à l’art de soigner, Lydia Abrous


De l’art de construire à l’art de soigner
Paris, Ile-de-France, France

Lydia Abrous

Directeur(trice) : Lionel Lemire
Référent(e) : Antonio Lazo

Au détour d’une rue, lorsque se dresse les murs d’un hôpital psychiatrique, rien ne nous frappe plus que l’idée d’une différence marquée par une franche séparation. Un lieu où l’on ne peut pas pénétrer et dont on ne devine à peine qu’il se joue tant de souffrance. Le lieu à lui seul participe à créer une séparation et une défiance à l’égard de ceux qu’il abrite, une claire distinction entre les personnes qualifiées de "normales" et celles atteintes de maladie mentale.

De l’autre côté, les malades se trouvent privés de liberté, le plus souvent sans leur consentement, dans un lieu où ils ressentent le poids de l’enfermement et de la surveillance permanente en plus des tourments psychiques qu’ils traversent. Les établissements de santé mentale sont les héritiers d’une conception panoptique de l’architecture psychiatrique. En effet, par le passé, il était question en psychiatrie d’enfermer et de punir, même si aujourd’hui il est question de protéger et de soigner, il n’en reste pas moins une notion d’enfermement et de surveillance.

Au travers de ce projet de fin d’études, je souhaite mettre en lumière le monde silencieux et invisible de la psychiatrie. Je souhaite expérimenter les notions de spatialité, de perception, de limite entre le dedans et le dehors, pour tenter d’inclure l’architecture dans la thérapeutique en psychiatrie. En effet, il s’agira de répondre à diverses interrogations :

- L’architecture peut-elle être source d’apaisement dans le domaine de la souffrance psychique ?
- Comment minimiser les sensations d’enfermement et de surveillance qui pèsent sur le patient ?
- La perception d’une architecture peut-elle faire évoluer la perception que nous avons de la maladie ?
- Quel environnement spatial et quelles notions architecturales objectives doivent être utilisés par l’architecte pour permettre un environnement favorable aux soins donnés aux patients ?