ESA × INP × TALM : Une collaboration au service du patrimoine et de la transmission

publié le 10 juin 2026

Du 8 au 19 juin 2026, l’École Spéciale d’Architecture accueille les étudiant·e·s restaurateurs et restauratrices de l’Institut National du Patrimoine(INP) et de l’École Supérieure d’Art et de Design TALM dans le cadre d’un chantier-école de conservation-restauration consacré aux tambours des colonnes du Palais des Tuileries conservés à l’ESA.

Cette nouvelle phase d’intervention s’inscrit dans la continuité d’un projet engagé à l’automne 2025 autour de la conservation, de l’étude et de la valorisation de ces vestiges exceptionnels, témoins de l’histoire de l’école autant que de celle du patrimoine architectural français.

UN PATRIMOINE HÉRITÉ DU PASSÉ

Les éléments lapidaires conservés à l’ESA proviennent des colonnes du Palais des Tuileries, construit entre 1564 et 1570 par Philibert de l’Orme pour Catherine de Médicis.

Après l’incendie du palais lors de la Commune de Paris en 1871 puis sa démolition en 1883, plusieurs éléments architecturaux furent dispersés. Émile Trélat, fondateur de l’École Spéciale d’Architecture en 1863, acquit alors trois colonnes qui furent installées dans la cour de l’école, où elles demeurèrent pendant plus d’un siècle.

Au-delà de leur valeur historique, ces colonnes constituent aujourd’hui un patrimoine emblématique de l’ESA, étroitement lié à son histoire et à celle de ses fondateurs.

Cette histoire est également celle d’une transmission. D’un palais disparu à une école d’architecture toujours en activité, ces fragments traversent les époques et continuent d’alimenter la réflexion sur la conservation et la valorisation du patrimoine bâti.

UN CHANTIER-ÉCOLE AU PRÉSENT

Du 20 au 24 octobre 2025, l’ESA avait déjà accueilli un premier chantier-école réunissant les étudiant·e·s de la spécialité Sculpture de l’INP et les étudiant·e·s restaurateurs de TALM.

Cette première phase avait permis de réaliser une étude préalable à la restauration des éléments sculptés. Les étudiant·e·s avaient notamment procédé au déplacement des fragments afin d’en observer l’ensemble des faces, établi un constat d’état détaillé des altérations et formulé les premières hypothèses de diagnostic et de traitement.

Le chantier organisé en juin 2026 constitue la poursuite de ce travail. Il vise à approfondir les connaissances acquises lors de l’étude préalable et à engager les opérations nécessaires à la conservation matérielle des œuvres dans une perspective de préservation à long terme.

Le chantier-école constitue un dispositif pédagogique historique de la formation des restaurateurs du patrimoine. Encadrés par les équipes pédagogiques de leurs établissements ainsi que par des professionnels spécialisés, les étudiant·e·s interviennent directement sur les œuvres dans des conditions réelles d’exercice.

Cette immersion leur permet de consolider leurs compétences tout en produisant des études, protocoles et recommandations qui contribuent à la connaissance et à la conservation des biens culturels étudiés.

À l’issue du chantier, l’ensemble des analyses et conclusions réalisées sera transmis à l’ESA afin d’accompagner les futures décisions relatives à la conservation et à la valorisation des colonnes.

Pour l’ESA, l’intérêt de cette collaboration dépasse toutefois les seuls enjeux de conservation.

Depuis plusieurs semestres, les colonnes des Tuileries constituent un véritable objet pédagogique au sein de l’école. Elles ont donné lieu à des relevés, des estampages, des reconstitutions, des maquettes et des exercices de projet mobilisant les champs de l’architecture, de la scénographie, du design et du paysage. Les étudiant·e·s ont été amenés à observer, interpréter et mettre en valeur ces fragments patrimoniaux, faisant des colonnes un support concret de réflexion sur les liens entre patrimoine, architecture et transmission.

Au cours du semestre de printemps 2026, plusieurs ateliers de projet ont notamment exploré leur potentiel comme objets de monstration, de récit architectural et de valorisation patrimoniale. D’abord abordées comme des vestiges à étudier, les colonnes sont progressivement devenues un véritable terrain d’expérimentation architecturale, nourrissant des réflexions sur le réemploi, la mémoire, la scénographie et la transformation de l’existant.

Le chantier mené avec l’INP et TALM vient ainsi enrichir une démarche pédagogique déjà engagée à l’ESA, en apportant aux étudiant·e·s architectes une compréhension plus approfondie des enjeux de conservation, de restauration et de mise en valeur du patrimoine bâti.

L’originalité de cette démarche réside précisément dans le dialogue qu’elle instaure entre les disciplines de l’architecture et de la conservation-restauration. Ce projet permet à des étudiant·e·s issus de formations complémentaires de confronter leurs méthodes, leurs savoir-faire et leurs approches autour d’un même objet patrimonial, dans une situation de collaboration proche des pratiques professionnelles contemporaines.

UN PROJET TOURNÉ VERS L’AVENIR

Le chantier de conservation-restauration s’inscrit dans une démarche plus globale de valorisation du patrimoine de l’école.

Dans le prolongement des travaux déjà menés, les étudiant·e·s de l’ESA poursuivent actuellement la conception d’un abri lapidaire destiné à accueillir et protéger les colonnes restaurées. Ce projet pédagogique, développé dans plusieurs ateliers de Licence, mobilise différentes promotions et accompagne une réflexion plus large sur les conditions de présentation, de conservation et de transmission de ces vestiges au sein du campus.

Prévue pour janvier-février 2027 sous la forme d’un chantier-école, la réalisation de cet abri constituera une nouvelle étape de cette collaboration. Elle permettra non seulement d’assurer la protection durable des colonnes, mais également de rendre plus lisible leur histoire auprès de la communauté de l’ESA et de ses visiteurs.

À travers ce projet, les colonnes des Tuileries deviennent bien davantage qu’un patrimoine conservé : elles constituent un support d’enseignement, de recherche et d’expérimentation qui permet d’articuler mémoire, projet architectural et transmission.

Par cette collaboration renouvelée avec l’INP et TALM, l’École Spéciale d’Architecture affirme son engagement en faveur du dialogue entre disciplines, de l’apprentissage par le projet et de la préservation du patrimoine architectural.

L’École Spéciale d’Architecture souhaite la bienvenue aux équipes de l’INP et du TALM et se réjouit de poursuivre cette collaboration au service de la connaissance, de la conservation et de la valorisation du patrimoine.

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